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Opération de police ou représailles guerrières ?

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L’assaut donné ce mercredi matin a permis l’arrestation de sept terroristes et la neutralisation de deux autres. Parmi eux, se trouve peut-être le sieur Abdelhamid Abaaoud, commanditaire et cerveau présumé des attentats de Paris. Au cours de l’intervention des forces de l’ordre, les échanges de tirs aux fusils mitrailleurs auront duré deux heures (cinq autres auront été nécessaires pour la reconnaissance et la sécurisation des lieux). Les opérations ont mobilisé 110 policiers du Raid et de la BRI de Saint-Denis, une section de combat de la légion étrangère et quelques dizaines de CRS. Alors enquête judiciaire ou vengeance nationale ?

 

Source MaxPP

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A la fin des opérations, les premiers mots du ministre de l’Intérieur ont illustré la violence des échanges entre terroristes et forces de l’ordre. « Une riposte que les hommes du Raid n’avaient jusque-là jamais connu« , a déclaré Bernard Cazeneuve. Cinq d’entre eux ont, d’ailleurs, été blessés. D’après les dernières informations, ils auraient avancé sous le tir des kalachnikov, pour capturer les terroristes vivants. Dans ce contexte, il est normal que des policiers n’aient jamais connu cela, puisqu’ils n’avaient pas face à eux des délinquants, mais des guerriers de Daech, justement déterminés à ne pas se laisser prendre et à faire le maximum de dégâts.

 

Source MaxPP

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Quatre jours d’enquêtes, d’écoutes téléphoniques tout azimut, 300 perquisitions, plusieurs arrestations et des auditions menées en dehors du droit commun (puisque l’état d’urgence le permettait) ont aboutit à cette intervention finalement quasi militaire.

Le nombre de victimes, la violence des attaques de vendredi dernier et leur niveau de préparation réclamaient une telle riposte. L’opinion publique aussi.

 

Source MaxPP

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Vendredi soir, au Bataclan, au Stade de France et dans plusieurs arrondissements de Paris, ce sont non seulement 129 personnes qui ont été tuées, mais la France qui a été touchée, dans sa jeunesse et dans son coeur. L’attaque contre Charlie Hebdo le 9 janvier avait forgé un visage unique au sursaut national. Celui de la lutte pour la sauvegarde de notre liberté. Les attentats du 13 novembre ont provoqué un ressentiment violent, une envie de révolte. Car après la peur viennent forcément la haine et la colère.

Avec ce déploiement de force très largement disproportionné, même pour appréhender des hommes sur armés et ultra déterminés, c’est la vengeance de toute une nation qui s’est exprimée. Et lorsque c’est l’Etat lui-même qui abat un bras vengeur, la démocratie vacille.

Mais, nous sommes en guerre et malheureusement, elle n’est pas finie. Alors tant que les crimes odieux de Daech ne seront pas entièrement punis, ce sera tant pis pour la démocratie.

 

À propos Boris

Journaliste professionnel au Progrès de Lyon. Chef d'informations, fait-diversier. Titulaire de la carte de presse depuis 18 ans

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