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Venez vous faire dé-radicaliser en Arabie Saoudite !

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Et si les djihadistes étaient en fait des patients qui avaient besoin de se faire soigner ? Et si la radicalisation se traitait comme la drogue ? C’est en tout cas ce qu’on peut se demander en découvrant ce centre en Arabie Saoudite.

 

Une cellule familiale du « Centre Mohammad Bin Nayaf de conseil et de soins ». © Jérôme Rabier/Public Sénat

Une cellule familiale du « Centre Mohammad Bin Nayaf de conseil et de soins ».
© Jérôme Rabier/Public Sénat

 

Plus de 3000 djihadistes saoudiens suivent une cure de désintoxication de l’islam radical, mais pas n’importe comment : par la manière douce, avec des cours de dessin, des thérapies basées sur le dialogue et des cours de natation. De quoi faire rêver ! Cela dit, c’est toujours mieux que de finir en petits morceaux après s’être fait exploser. Une petite détox djihadiste, au frais de la princesse (du prince en l’occurrence ici), au pays du wahhabisme. Que demander de plus ?!

Eh bien aussi un sauna, une salle de gym, une piscine, un billard… On peut dire que les « patients » du Centre de conseils et de soins Mohammad Bin Nayaf ont la belle vie. Ce n’est pourtant pas un centre de vacances mais bien une banlieue sécurisée qui sert de lieu de dé-radicalisation. « Ce que nous faisons pour eux, ce n’est pas une récompense pour les actions qu’ils ont commises, c’est une façon de couper le lien avec leur passé afin qu’ils ne retournent pas vers les organisations où ils étaient » explique le directeur des affaires sociales du centre dans un reportage de la chaîne Public Sénat diffusé le 1er février.

 

 

Alors, ne nous emballons pas, il s’agit d’un projet pilote pour le moment, ouvert en banlieue de Ryad dans un quartier sécurisé. Une délégation de sénateurs français menés par Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et présidente d’une commission d’enquête sur les réseaux djihadistes, a notamment pu y observer l’exposition de tableaux réalisés par les pensionnaires pendant leurs cours d’art-thérapie.

 

Les patients du centre peuvent suivre des cours de natation. © Jérôme Rabier/Public Sénat

Les patients du centre peuvent suivre des cours de natation.
© Jérôme Rabier/Public Sénat

 

Ouvert en 2005, plus de 3124 patients y ont été traités.

En France, il existe 4 quartiers de dé-radicalisation en prison, dans les centres de détention de Fresnes, Fleury-Merogis, Osny et Lille, qui ouvrent tout juste, et qui ont à vocation d’isoler les terroristes les plus dangereux.

En Arabie Saoudite, le centre est ouvert depuis 2005 et se veut pédagogique, car elle aussi est victime, et l’une des plus importantes, de terribles attaques djihadistes. Les durées moyennes de traitement sont de 3 à 6 mois et déjà 3124 patients s’y seraient « sevrés »  depuis son ouverture et son taux de succès serait de 85% environ, selon le directeur. Ce taux s’élève encore à près de 80 % pour les anciens prisonniers de Guantanamo traités sur place, soit 122 personnes, explique Jérôme Rabier, l’auteur du reportage sur Public Sénat. «Leur principal loupé c’est Saïd al-Chehri, un ancien de Guatanamo qui est ressorti du centre pour aller s’engager comme numéro 2 d’AQAP au Yemen », explique le journaliste, en référence à Al-Qaida dans la Péninsule Arabique, qui combat au Yemen.

 

Aurait-on donc un espoir pour l’avenir ? L’écoute et la pédagogie seraient donc la réponse à la radicalisation ? En tout cas, cela démontre que l’éducation et la socialisation jouent un rôle important dans notre développement et notre avenir…

 

 

 

Source : Paris Match

À propos Anne-Line

Social media manager, community manager, rédactrice ou encore chef de projet, cette dynamique auto-entrepreneuse a plus d'une corde à son arc. Passionnée par les médias et les réseaux sociaux, Anne-Line est aussi une grande voyageuse, menée toujours plus loin par sa curiosité insatiable.




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