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Avec Snapchat, votre photo s’auto-détruira après quelques secondes…

Le droit à la vie privée et la confidentialité  sont au coeur des préoccupations des internautes. Qui n’a pas regretter un jour une photo envoyée un peu trop coquine ou encore une qui vous montre dans une situation embêtante ? Et on aimerait alors avoir un pouvoir magique pour tout effacer et revenir en arrière. Ne vous inquiétez plus, l’application Snapchat le fait pour vous.

 

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Lancée il y a deux ans à peine par deux vingtenaires de l’université de Stanford, l’application Snapchat nous promet une chose que l’on croyait impossible à l’heure du tout-connecté : le droit à l’oubli. Et ça marche. Imaginez : 60 millions de photos s’échangeaient quotidiennement sur Snapchat en février. En juin, le chiffre est monté à 200 millions, pour culminer aujourd’hui à 350 millions. Un bel exemple d’excroissance exponentielle : dans la vaste typologie des clichés échangés furtivement entre les utilisateurs, le « sexting » figure sur la plus haute marche du podium. On se rappelle notamment la vague de dédicaces sur des parties intimes, particulièrement prisées par les ados.

 

Source : ethosmagazine

Source : ethosmagazine

 

Sans enregistrement, plus de crainte, et les 13-25 ans, le cœur de cible de l’application, n’hésitent plus à se montrer sous toutes les coutures. Les parents vont être ravis. Snapchat, c’est l’anti-Instagram, le contraire du life-logging (littéralement, l’archivage de sa propre vie) vanté par les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce que pense son fondateur et patron, Evan Spiegel : 

« Il s’agit moins d’avoir l’air cool ou attirant, et bien plus de dire où vous êtes, ce que vous faites, ce que vous ressentez. Il s’agit de discuter et de s’échanger des messages plutôt que de se mettre en scène […] L’éphémérité devrait être une notion par défaut. »

 

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Peut-on vraiment croire au droit à l’oubli ?

Il y a quelques mois, le New Yorker déclarait :  » dans un environnement où votre trace numérique vous suit à chaque étape de votre vie, l’effacement ou la suppression pourraient bien être ce qui se rapproche le plus de la notion de vie privée. »

A l’instar du très controversé réseau Ask.fm offre un fantasme de l’anonymat en même temps qu’il donne une réponse à la question cruciale de tous nos ados complexés (« Qu’est-ce que les autres pensent de moi ? »), Snapchat vient  répondre à un besoin X à un instant T. Et cela en inspire d’autres :  Whisper, par exemple, est une application qui permet de partager des secrets anonymement, comme on confiait ses problèmes à des heures tardives sur Skyrock à la fin des années 90. Quasi-inconnu en France, Whisper (le chuchotement, en anglais) revendique déjà 2,5 milliards de pages vues par mois et emploie 55 modérateurs aux Philippines.

Mais peut-on pour autant dire que le droit à l’oubli promis par Snapchat existe-t-il vraiment ? Dans ses conditions d’utilisation (vous savez, les petites lignes que personne ne lit jamais), l’application met en garde les apprentis exhibitionnistes :

« Une fois que tous les destinataires ont reçu le Snap, nous l’effacons automatiquement de nos serveurs […] Nous ne pouvons pas garantir que la suppression intervienne dans un laps de temps déterminé […] Nous ne pouvons également pas empêcher un tiers de faire une copie de vos Snaps (en faisant une capture d’écran, par exemple) […] En plus de ça, comme c’est le cas pour toute information numérique, il peut exister des moyens d’accéder à vos Snaps, même une fois qu’ils ont été effacés. Vous ne devriez pas vous servir de Snapchat si vous voulez être certain que votre destinataire soit incapable de garder une copie. »

Et ça ne manque pas : il y a quelques mois, une entreprise spécialisée a identifié une faille sur Google Android qui permet de récupérer des « Snaps » censés avoir disparu dans les limbes. Du coup apparaissent un peu partout des pages qui affichent par centaines des clichés dénudés, chapardés, capturés. Voilà la morale cruelle de nos « moi » numérisés : comme le pacte conclu entre Snapchat et son utilisateur, le droit à l’oubli est éphémère. Même quand on vous persuade du contraire. Donc, avant d’envoyer votre photo, ne l’oubliez pas !

 

 

 

 

 

À propos Anne-Line

Social media manager, community manager, rédactrice ou encore chef de projet, cette dynamique auto-entrepreneuse a plus d'une corde à son arc. Passionnée par les médias et les réseaux sociaux, Anne-Line est aussi une grande voyageuse, menée toujours plus loin par sa curiosité insatiable.

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